à venir • 26 novembre 2014 (17:00) • Jiri Kovanda [artiste] 
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Krijn de Koning
 mer 29 janvier 2003 (16:00)
Krijn de Koning [artiste]

 amphi de l'ENBA (rue Neyret) 1er étage de l'ENBA (ancien site) 10 rue neyret 69001 Lyon
extrait audio
Le travail de Krijn de Koning, formé entre autres par les professeurs de l’Ateliers ‘63 à Haarlem et de l’Institut des Hautes Etudes à Paris, s’inscrit dans les recherches que mènent aujourd’hui un petit nombre d’artistes autour de l’art in situ, initié par Daniel Buren. Pour autant, Krijn de Koning ne cherche pas à prendre en compte les conditions idéologiques inhérentes aux lieux d’exposition. Chacune de ses œuvres repose sur la recherche d’un équilibre entre le lieu et son inscription dans ce lieu, dans la relation du corps, celui de l’artiste et celui du spectateur, à l’espace.

Dans mon travail, j’utilise des formes qui font appel à certains éléments de base en architecture. Sol, mur, passage, plafond – toutes formes de construction très simples. Ce qui me fascine, c’est la notion de vérité matérielle, l’idée de l’espace clos. L’espace a affaire avec les valeurs matérielles, et ici la métaphore du corps – qui est en fait un espace clos – joue un rôle. Le corps vu comme un espace défini par le corps.

Bien que je ne nie pas que les objets ont une réalité, je ne sais pas exactement ce qu’est la substance, ce qu’est une œuvre d’art, ce qu’est la véritable matière. Je ne sais pas ce que sont les choses, alors comment est-ce que je peux leur attribuer une valeur ? Et avec « ne pas savoir » je veux dire : je ne puis donner des réponses logiques et convaincantes. Je ne suis absolument pas intéressé par l’idée pure et dure de l’objet.

D’un point de vue formel, je minimise beaucoup dans mon travail. J’essaie de garder quelques points, quelques aspects aussi simples que possible, et d’enlever tout ce qui n’est pas nécessaire. Ce qui est également beaucoup plus efficace. Je ne cherche pas un divertissement ou une satisfaction directe. Pour moi, il s’agit plus du fait qu’il est inévitable d’apprendre par expérience. J’essaie de réduire le travail à des matériaux très simples, des constructions simples. Alors cela fait ressortir l’aspect physique. Le contact avec le travail a été ramené à l’expérience physique d’un environnement dans un certain lieu.

Le caractère d’un espace est un phénomène fascinant. Comment faut-il le tracer ou le reconnaître dans le parcours, dans l’apparence d’un site, dans la différence entre niveaux, dans l’usage des matériaux et de la couleur ? Tous ces points sont en fin de compte – d’une façon étrange et obscure – en rapport avec le matériau.

Lorsque je fais mon travail pour un espace ou même une occasion quelconque, je regarde toujours ce qui existe déjà. Ce n’est pas une affaire qui est à cent pour cent rationnelle ou analytique. C’est surtout un côté instinctif. C’est en rapport avec ce que je veux faire, ce que j’aime, ce qui me surprend, ce qui m’excite. Mais je veux voir ce qu’il y a. S’il y a des coins dans un lieu, ces coins auront de l’importance pour ce que je ferai. S’il faut monter dix volées d’escalier avant d’entrer dans un lieu, le fait de reprendre son souffle devient un élément de la rencontre physique avec le travail. S’il reste dans un lieu des crochets de boucherie de l’ancien abattoir, par exemple, cela donnera assez de tension à la perception du travail. Toutes ces choses sont assez simples, si on a un œil pour ça.

Et c’est même ici que réside la beauté, dans le fait de voir ces choses vraiment et inconditionnellement. Si je pouvais y arriver sans placer une sculpture, cela me conviendrait. Mais les choses ne marchent pas comme ça, la communication ne fonctionne pas comme ça. Et là n’est pas le problème, car j’aime faire des sculptures. Je pense que c’est très intrigant : libérer les choses de leur soi-disant valeur absolue en ajoutant ou en changeant quelque chose. Et parfois il y a un élément de surprise, quand je ne découvre qu’après coup la façon dont cela fonctionne.

texte tiré du catalogue Le Bel aujourd’hui : œuvres d’une collection privée, Nouveau musée/Institut Frac Rhône-Alpes, Villeurbanne, 1997

De Koning

Biographie :
Né en 1963 à Amsterdam (Pays-Bas).
Vit et travaille à Amsterdam
1983-88
Gerrit Rietveld Academy, Département du design audio-visuel, Amsterdam
1988-90
Ateliers '63, Haarlem (postgraduate institute)
1991-92
Institut des Hautes Études en arts plastiques, Paris

Expositions (sélection)
1997
- Château de Fraïssé, Fraïssé-des-Corbières (avec Michel Verjux et Felice Varini)
- Le Sous-sol, Paris
- Museum De Wieger, Deurne
- Le Bel Aujourd'hui. Œuvres d'une collection privée, Collection Françoise & Jean Philippe Billarant, IAC Villeurbanne
- (no) vacancies II, Vantaa City Museum, Helsinki
- A Collaborative Work II, Bureau Amsterdam, (en cooperation avec Gladstone Thompson)
1998
- Galerie Georges Verney-Carron, Villeurbanne
- Théâtre National de Bretagne, Rennes
1999
- Slewe Galerie, Amsterdam
- Exedra, Hilversum
- Centraal Museum, Utrecht, travail permanent
2000
- De Vleeshal, Middelburg
- Incursion, excursion, École des Beaux-Arts, Nimes
2001
- Begane Grond, Utrecht
- Installation in situ Hotel St-Livier, Metz (FRAC Lorraine)
2002
- Le Grand Café, St Nazaire
- Raid Projects, Los Angeles
- Site Odéon°5- J.-M. Wilmotte/ Georges Verney-Carron, Paris
- Galerie Slewe, Amsterdam

Publications et catalogues
1997
- Rijksgebouwen, Kunst in de bajes, Ministère du Logement, du développement régional et
de l'environnement, Rijksgebouwendienst
- P. Groot, «A Collaborative Work 2», Stedelijk Museum Bureau, Amst., n°34
1998
- Paul Groot, «On Krijn, Gladstone and Myself», Bulletin Stedlelijk Museum, Amsterdam,
1/1998
- Le Bel aujourd'hui. Oeuvres d'une collection privée, IAC Villeurbanne
2000
- Inside/ Ouside, Rotterdam/ Middleburg
2001
- A Fur et à Mesure, Espace de l'Art Concret, Mouans-Sartoux
- Architecture aujourd'hui
- Techniques Architectures n°453, «Lieu d'expérience»
- Krijn de Koning, Metz, Frac Lorraine