Caroline CHEVALIER
Aurélia FREY
Carole LIOGIER
Olivier METZGER
RÉFECTOIRE DES NONNES - ENBA Lyon
DU 17 SEPTEMBRE AU 18 OCTOBRE 2008
Vernissage le mardi 16 septembre à partir de 18h
Ouverture du mercredi au samedi : 15h–19h30
ouvertures exceptionelles :
• Journées Européennes du Patrimoine : samedi 20 et dimanche 21 septembre de 10h à 19h
• week end « Ca Valse » : vendredi 10 et samedi 11 octobre de 15h à 21h, et le dimanche 12 octobre de 13h30 à 19h30
Caroline CHEVALIER
Née en 1978, elle vit et travaille à Arles.
Il y a dans mon travail l’idée d’« identité éphémère » en ce sens que l’identité pour moi évoque un mouvement. Précisément dans mes images il s’agirait du passage d’un age à un autre, l’idée est d’exprimer cette période de mal-être propre à cette transition entre adolescence et age adulte: un moment, une étape de la vie où l’individu est suceptible de changer. L’idée pour moi est de donner à ressentir cet entre-deux à travers ces figures féminines dont les corps, les attitudes expriment une fragilité, une difficulté à « être ». Une identité qui tantôt s’affirme tantôt s’efface. Ces jeunes femmes parraissent à la fois graves et absentes, préoccupées et paisibles et sont comme indifférentes à l’image qu’elles donnent d’elles-mêmes. On est dans une sorte de présence-absence dans laquelle elles flottent, évoquée par des corps à la fois présents et abandonnés et un hors champ dans lequel le spectateur est invité à se projeter. Les cadrages et les teintes tout en retenue concourent à suggérer ce sentiment d’étrangeté.
Caroline Chevalier
Caroline Chevalier ne s'écarte pas d'un décor, qui pourrait être celui d'un appartement que même les boiseries et les cuisines équipées ne parviendraient pas à réchauffer ou à rendre plus convivial. Des modèles adolescentes, au visage fermé, à l'expression absente ou préoccupée, posent dans des attitudes qui confirment ce qu'on peut déduire de leur regard et de leur teint chlorotique. II y a comme un mal-être dans l'air, ces jeunes filles à la peau laiteuse dont le charme demeure intact semblent être les proies d'un démon intérieur dont on a du mal à comprendre ce qu'il est mais dont il est certain qu'il les inquiète au point, parfois, de les exiler d'elles-mêmes. À partir de là, toutes les interprétations sont possibles, qu'elles soient familiales, sociologiques, amoureuses, théâtrales, politiques, esthétiques ou littéraires. On n'en choisira aucune car telle n'est pas la question mais il n'est pas interdit en revanche de pointer cet état transitoire et fragile qui, au lendemain de l'adolescence, chahute à la fois le corps, la sensibilité et la pensée. Avec une parfaite maîtrise photographique, Caroline Chevalier met en scène ce moment de fragilité, le drame d'une solitude qui se croit irrémédiable, l'effacement des couleurs qui est aussi celui du monde, le huis clos d'une situation sans issue. Mais elle parvient également à faire percevoir tout ce que ces corps apparemment maladifs préservent de jeunesse, de force et de beauté car non seulement ils occupent l'espace mais, d'une certaine manière, ils le modèlent à leur convenance et installent en son centre la résistance de leur gracieuse volumétrie. Traduire avec de tels moyens ce qui relève d'une tension entre la vie et la mort, la présence et l'abandon, la beauté et la prostration n'est pas un exercice facile car l'esthétique de la mélancolie et du désespoir adolescent, le côté diaphane et anémique peuvent faire basculer l'ensemble du côté de la mode et de la parodie ; Caroline Chevalier en est consciente, l'assume et poursuit son chemin.
Patrick Talbot, directeur ENSP
[ Repères biographiques]
Après une Maîtrise d'Arts Plastiques, elle intègre l' École Nationale Supérieure de la Photographie de Arles et obtient un Master en 2006. Pendant ses études, elle effectue différents travaux liés à la mode en tant que photographe ou comme assistante.
Elle est notamment assistante photographe au
Studio ELLE en 2005 et pour le magazine
Crash en 2004, à Paris.
Depuis 2007 elle travaille avec le
Musée de la Mode de Marseille (catalogues d’expositions). En mars dernier, elle réalise son premier portrait pour le journal
Le Monde.
Parallèlement, elle poursuit un travail personnel qui emprunte à l’histoire du portrait et à celle de l’image de mode. Il lui a valu un début de reconnaissance qui s’est manifesté par la participation à des expositions collectives depuis 2005.
En novembre 2006, elle a été invitée pour un séjour à la
Fabrica, Centre de recherche sur l’image Benetton, à Trévise - Italie.
En 2008, Le Château d’Eau de Toulouse présente sa première exposition personnelle.
[Premières expositions]
Septembre 2008 : Exposition collective, Septembre de la photographie, galerie Le Bleu du ciel, Lyon, France.
Juillet/Août 2008 : Exposition monographique au Centre d’Art Contemporain d’Istres, France.
Janvier/Février 2008 : Exposition monographique, Le Château d’Eau, Toulouse, France.
Octobre 2007 : Exposition
Frail heroines, proposée par le Château d'Eau, au sein de la galerie d'établissement du Lycée Jules Michelet, en partenariat avec la Drac Midi-Pyrénées et le Rectorat de Toulouse.
Juillet/septembre 2007 : Exposition collective au Centre d’Art Contemporain d’Istres, France
Mars/septembre 2007 : Exposition collective à la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) d’Aix en Provence, France
Janvier/mars 2007 : Exposition collective au FRAC de Marseille, et publication d’un catalogue aux éditions Actes Sud (
DUELS), France.
Juillet 2006 : Finaliste au concours
ITS ( International Talent Support, fashion&photography), Trieste, Italie (www.itsweb.org ), exposition du travail.
Juillet 2006 : Finaliste au concours
Voies Off (festival off des « Rencontres Internationales de la Photographie », 7 Arles, France).
Mars 2006 : Exposition collective pour le
Forum des Industries Culturelles, Espace Van Gogh, Arles, France.
Octobre 2005 : Exposition collective
ICI, ancien Musée de peinture, Grenoble, France.
Avril 2002 : Exposition collective
Images du corps (avec Patrick Tosani, John Coplans, Joël Peter Witkin, Helmut Newton, André Kertesz, Edward Weston, Arno Raphaël Minkkinen, …) Toulon, France.