Mes intentions. Mon cabaret.
Mon projet est de créer un cabaret, tout d’abord un espace de perdition, excessif, sexuel, lieu de travestissements, de débauche, festif, baroque…
En effet, ce contexte d’exposition semble être une sorte de rencontre de tous mes champs de travail.
Le cabaret est un lieu vulgairement majestueux où semblent se côtoyer des personnes d’horizons différents, pourtant toutes issues d’un milieu populaire.
Celui-ci est un site de transformations où règne la dualité, l’ambiguïté, dans lequel se reflètent toutes sortes de désirs, de besoins. Le tout semble atteindre autre chose, il semble se produire un phénomène de cristallisation.
« Donne-moi ta boue, j’en ferai de l’or ».
C’est un peu de cela dont il s'agit. En effet de par les multiples apparats : le travestissement, les paillettes, les strass, la douceur des gestes, la créativité, les jeux de lumières, les grimaces, les maquillages, les pastiches, dans cet espace clos de la nuit, malsain et populaire semblent se manifester une sorte de sublimation, quelque chose d’extraordinaire s'y réalise.
C’est en cette fusion de la boue accédant à la plus délicate des beautés que se joue mon travail.
Je souhaite produire des courtisanes étoilées qui deviennent des stars prostituées, des hommes devenant des femmes, des femmes devenant animaux hybrides, des monstres devenant de véritables modèles, des corps travestis en équilibre constant, entre attraction et répulsion.
Je souhaite réaliser une sorte de représentation de l’ignoble, du déchet, du monstrueux.
"Jouer avec de telles notions".
Le monstre m’intéresse comme icône de mon cabaret, il l’habite, "il est lui-même son propre cabaret".
Mettre en place une beauté fleurtant avec l’horreur.
Je souhaite peupler ce lieu, l'habiter d'individus divers et étranges.
Dans cet espace, ce cadre, je fixe mes fantasmes, mes doutes, mes angoisses, renvoyant en miroir "spectaculaire" les questions les plus sensibles du moment (problème de filiation, de transformation du corps, etc…). [...]