les enfants du sabbat 14

Du 15 mars au 28 avril 2013
Vernissage jeudi 14 mars 2013 à partir de 18h
Exposition réalisée avec le concours :
l'École supérieure d’art de Clermont Métropole
l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon


Commissaire et directeur : Frédéric Bouglé
Commissaires associés : Joël Tardy, Roland Cognet
avec les textes critiques de Judicaël Lavrador

Maxime BAUDOUIN Hélène BIGNER Clément MURIN Sophie BONNET-POURPET Victor BULLE Morgan COURTOIS Anna DANILO Hugo LIVET maxime LAMARCHE Nelly MONNIER Ye-eun MIN Mélika SHAFAHI

Cycle d’expositions initié par le Creux de l’enfer en 2001, Les enfants du Sabbats propose cette année douze jeunes artistes pour sa quatorzième édition, tous issus de l’École supérieure d’art de Clermont Métropole et de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon.

Le titre fait clin d’oeil au lieu, le Creux de l’enfer, un site chargé de légendes païennes, d’histoires chrétiennes et sociales. Les enfants représentent de fait une nouvelle génération d’artistes, tandis que le sabbat ramène autant à une assemblée nocturne de sorcières et de sorciers, qu’au septième jour biblique, quand il appartient à l’humanité de parachever la Création.

L'Ensba Lyon renouvelle ce partenariat et présente le travail de ses jeunes diplômés, issus du Dnsep art 2012

Les étudiants de L'ENSBA Lyon séléctionnés

Ce sont quatre cadres photographiques avec peinture sur verre que Maxime BAUDOUIN présente au Creux de l’enfer. L’espace d’exposition, et son vide aussi, en sont les deux sujets, laboratoire spatial à exploiter. L’artiste entreprend de l’ausculter dans une épaisseur multiperceptive, stratifiée et hiérarchisée, peinte et photographiée. Il en ressort une représentation plastique, mystérieuse, qui renvoie l’espace à la règle inventée. L’oeuvre possède une profondeur quelque peu opaque : interface à empilement, supraréalité en points de vue multipliés. Son champ d’instrument visuel inclut dans son procédé et l’apparence donnée et sa profondeur cachée.

Très imprégnée d’art moderniste et de culture populaire, Sophie BONNET-POURPET écrit de manière spontanée. Telle une Micheline type 23 avec un poste de conduite à chaque extrémité, transversale et obstinée est son activité créative : l’artiste construit des sculptures en relation avec des métarécits, et elle rédige des récits qui se matérialisent en métasculptures. D’un périple au Mexique — puis à Los Angeles — elle a écrit un étrange texte digne des Angelins, parsemé d’anecdotes pour séraphins. Transposition plastique, l’oeuvre, dans son archiforme désarmante, convoque « salle des bouquets » et Theo Van Doesburg, maquette boîte à chaussures dépliable et dépliage solaire : papier peint protéiforme doté d’une haute teneur existentielle.

Morgan COURTOIS fait miracle de tout ce qu’il trouve et ne conserve rien de tout ce qu’il fait. C’est un choix, peu matérialiste. Pensée inductive en activité, il part souvent d’un fait particulier. De la parade nuptiale sophistiquée du Lophorina superba à des gestuelles de bataille, ces images font partie de ce qu’il conçoit ensuite comme un épisode. Pour Rosalind Krauss l’oeuvre est une métaphore, un double du « moi », paré de ses plus beaux atours pour mieux atteindre l’autre. L’humanité aussi, et son économie, oscillent dans une herméneutique opaque. De la grotte à l’étage, théâtre troglodytique où siègent des fauteuils de cinéma, le monde est surtout scène de combats, corneilles dans un parc.

Véritable MacGyver des Enfants du sabbat, l’ingénieux Maxime LAMARCHE, couteau de Thiers en poche et diplôme des beaux-arts en main, reprend sa Ford Taunus 76 dont la partie arrière flottait déjà, oeuvre amphibie, dans un bassin du Jardin des plantes de Nantes. L’artiste a fait de l’avant un hors-bord typé Mad Max , prototype de véhicule hybride entre projet de tuning dubaïen et vaisseau fantôme, solidairement ancré à sa remorque dystopique. La sculpture, roulante et routarde, met à disposition la commande de son volant, offrant au visiteur la liberté de vaguer dans ses embruns nomades.

Nelly MONNIER peint de vastes et beaux paysages panoramiques. Ce sont des compositions de nature désertique, grandiose, presque sauvage. Pourtant, à y regarder de plus près, cette nature pourrait bien mettre en péril les réalisations humaines, architecturales ou navales, qui la bravent. Le traitement pictural, à l’huile et à l’acrylique sur support rigide, est suffisamment souple pour susciter une narration dans l’esprit du regardeur. Chaque tableau en effet, seul ou en diptyque, dépeint subtilement son énigme. L’intervalle qui sépare l’ensemble somptueux du détail d’achoppement, comme le titre de l’oeuvre, creuse le quiproquo mais n’ôte rien à la pure contemplation.

De Michael Haneke à Claude Lévêque, certains auteurs se sont arrêtés sur la perte de l’innocence enfantine, condition de l’éveil d’une chrysalide juvénile. Avec cette série intitulée « Snow White [Blanche- Neige], Mélika SHAFAHI s’empare d’un conte sans frontières déclinant une série de saynètes photographiques. Les clichés d’une culture persane traditionnelle se confondent avec une autre, plus occidentale, qui imprègne désormais la jeunesse iranienne. La figure angélique de l’héroïne centrale, brune ou blonde, est costumée d’un bleu fatal et toujours entourée de sept personnages masculins, mais ici point de nains.

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