Théories / Pratiques

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Cartes, plans, schémas : us et coutumes des représentations de l'espace

vendredi 27 novembre 2009 (de 10h à 18h, grand amphithéâtre)

Les artistes représentent l’espace, des espaces, ils font des cartes, des plans, des diagrammes comme les géographes ou les sociologues peuvent le faire. Mais leurs cartes sont sciemment opaques, feuilletées, en disent autant du réel qu’elles décrivent que des moyens qu’elles mettent en œuvre pour le faire. Pour le dire trop rapidement, elles n’énoncent pas sans interroger (critiquer ?) les conditions et le point focal de leur énonciation. Elles désignent bien quelque chose, reprennent aisément les codes de la représentation scientifique, supposent enquête, investigation, précision, méthode, mais leur action – car ces diagrammes et ces plans n’entendent pas moins agir que le font les cartes en temps de guerre, seulement un peu différemment – porte autant sur nos modes de représentation que sur ce qu’il y a à représenter. Il n’est pas certain toutefois que la différence soit si grande et si définitive entre cette pratique sauvage de la cartographie et l’autre, la géographique, la scientifique. Les cartes ont l’âge de leur époque. Elles parlent la langue de ceux qui les conçoivent et décrivent le monde avec leurs catégories. Dessiner une carte fut longtemps, est toujours, un acte politique : tracer des frontières, nommer des lieux, opposer l’ici et le lointain. Redessiner une carte revient à redécrire ces partages, à les remettre en jeu : la différence qui sépare le symbole du symbolisé en devient imperceptible. Quand Till Roeskens demande à des réfugiés du camp palestinien d’Aïda de cartographier leur environnement quotidien, ils rendent visible l’oppression spatiale dont ils sont victimes mais ne la rendent pas visible sans la redécrire, sans lui opposer un autre partage de l’espace, une autre spatialité des êtres et des choses.
Nous avons réuni pour poser et reposer ces questions, y répondre peut-être, artistes, théoriciens et praticiens de la cartographie. Et il nous faudra interroger jusqu’à cette distinction.

Les participants à cette journée d’études sont Philippe Rekacewicz, Franck Leibovici, Xavier Bismuth et Catherine Beaugrand, professeur à l’École des beaux-arts de Lyon.
Nous projetterons avec la bénédiction de l’auteur le film de Till Roeskens, Vidéocartographies : Aïda, Palestine (2009).


Intervenants:

• Philippe Rekacewicz, né en novembre 1960 à Paris, est géographe, cartographe et journaliste. Après avoir achevé ses études de géographie à l’université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) en 1988, il devient un collaborateur permanent du mensuel international français Le Monde diplomatique (aujourd’hui 70 éditions internationales en 26 langues). De 1996 à 2006, il prend aussi la direction du département de cartographie d’une unité – délocalisée en Norvège – du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le GRID-Arendal. Il s’intéresse aux relations qui unissent la cartographie avec l’art, la science et la politique (apports de l’art dans la production des cartes, utilisation politique de la carte comme objet de propagande et de manipulation). Depuis 2006, tout en continuant d’assurer ses activités au Monde diplomatique, il participe à divers projets artistiques en Allemagne, en Suisse, en Norvège et en Autriche.
http://blog.mondediplo.net/-Visions-cartographiques-

• Franck Leibovici (1975, vit et travaille à paris)
9+11 (ubu.com, 2005), des documents poétiques (al dante, « forbidden beach », 2007), portraits chinois, (al dante, « transbordeurs », 2007) travaille actuellement à un mini-opéra pour non musiciens : chacune des séquences fait appel à un système de notation propre à la musique expérimentale, à la danse, aux sciences, ou à des pratiques généralistes de notre quotidien, dans une visée redescriptive de notre monde. 
en 2009, créations au mac/val, au oslo contemporary music festival, ultima, ou encore, à bétonsalon. à partir de protocoles similaires, ont été données, dans le cadre du nouveau festivaldu centre pompidou, nos secrets en alcôves. aucune de ces « performances » ne relève du spectacle vivant.
www.laformetheorie.org/2.html

• Xavier Bismuth (1970, vit et travaille à Banyuls sur Mer)
Photographe de formation (Maîtrise de Sciences et Techniques en Image Photographique, Université Paris VIII, 1998) et attiré par les grands espaces, mes travaux ont dès 1992 naturellement pris comme socle la photographie de paysage et le Land-Art tout en s’enrichissant de problématiques plus contemporaines. Après divers séries orientées principalement vers le paysage – Long Chemins, Déplacements de miroirs – et sur les ruines végétales – Propositions Paysagères Transitoires, Sculptures –, mes derniers travaux – Intramuros, GPS Drawings – portent sur le territoire (sa formation et ses représentations) et plus particulièrement sur la façon dont nos déplacements viennent à le construire par leurs singularités, leurs répétitions et leurs accumulations.
Basé sur une sorte de «journal» consignant la majeure partie de mes déplacements – grâce à des techniques d’enregistrement empruntées tant à la géographie ou la cartographie (le GPS notamment) qu’a des techniques artistiques plus «traditionnelles» (dessin, photographie) – ces travaux prennent généralement la forme de séries et de livres d’artiste (cette forme étant également au centre de mes préoccupations).
En 2007, participe à la création de l’Atelier de Géographie Parallèle avec l’écrivain Philippe Vasset et le plasticien Xavier Courteix, Atelier qui s’attache à explorer les ratés de la représentation géographique. Parallèlement à ce travail artistique, j’ai enseigné durant quatre ans à l’Université de Paris VIII St-Denis en Maîtrise de Sciences et Techniques Photographie et Multimedia, et travaille en freelance dans le graphismeet la photographie.
www.xbismuth.net

• Till Roeskens
Amateur de géographie appliquée, Till Roeskens pratique entre autres formes d’art : la vidéo documentaire, la photographie, l'écriture, la fabrication de livres et d'affiches, la cartographie subjective, la conférence-diaporama, la rencontre humaine ainsi que l'autostop et la marche à pied.
Né en 1974 à Freiburg (Allemagne), vivant actuellement à Marseille, Till Roeskens a montré son bout de nez entre autres au Plateau à Paris, à la Forteresse de Salses, à la Villa Saint-Clair à Sète, au CEAAC à Strasbourg, à Langage Plus (Québec), aux divers FRAC, Alsace, Languedoc-Roussillon et PACA où il élabore actuellement son premier long métrage documentaire.
documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro.html